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UNION EUROPEENNE 2.0, 
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blog du mouvement 
Sauvons l'Europe :
- accueille les contributions de toutes celles, de tous ceux 
qui veulent exprimer un avis argumenté à propos d'une question européenne quelconque ; 
- recueille des commentaires pour continuer ensuite la discussion. 

Il faut un espace public à l’Europe ! 
Puissent ces quelques pages y contribuer, avec vous…

Arthur Colin 
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Vendredi 20 novembre 2009
Et bien voici, l'Union européenne dispose d'un nouveau visage. Ou plutôt de deux:



































Dans la catégorie homme, centre droit et venant d'un Etat traditionnel, le lauréat est Hermann van Rompuy, premier ministre belge dont la capacité à créer un consensus est amplement démontrée par le fait que la Belgique existe encore au moment où on écrit ces lignes.

Dans la catégorie social-démocrate, si possible non-homme et si possible venant d'un pays extérieur au noyau historique, la lauréate est Catherine Ashton, actuellement, euh. Ah, Commissaire au commerce !

 

Après avoir écarté de facto la candidature Blair à la présidence du Conseil, le consensus des chefs d’Etat s’est orienté vers des personnalités moins clivantes, c'est-à-dire présentant moins d’angles. C’est sans doute ce qui a coûté sa désignation au bouillant Juncker (bouillant en comparaison des autres candidats). Le hollandais Balkenende a disparu de la shortlist sans qu’on sache trop pourquoi. Quant à la lettone Vike-Freiberga, qui voulait être un visage humain pour l’Europe et mettre son pays au centre de l’Europe et qui aurait au moins été distrayante, il se dit qu’elle a été écartée parce que les chefs d’Etat ne la connaissaient pas, ni ses idées. Il est peu probable que ce soit la raison principale puisque cela n’a pas empêché la désignation de Van Rompuy, ni surtout celle d’Ashton.

 

Pour le poste de Haut représentant aux affaires étrangères, le favori depuis la déconfiture de Blair était David Miliband, Ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni. Mais celui-ci ayant fermement indiqué qu’il ne souhaitait pas faire don de sa personne à l’Europe, on recherchait d’autres sociaux-démocrates d’expérience, le nom de Massimo d’Alema revenant avec insistance (barré selon la rumeur pour être trop défavorable à Israël). Pour éviter de perdre sur les deux tableaux, Londres a eu l’habileté de retirer officiellement la candidature de Blair à la présidence dès l’ouverture du sommet, et de soutenir en contrepartie celle d’Ashton. Ceci a permis un accord très rapide et à l’unanimité des chefs d’Etat présents, alors qu’on s’attendait à un sommet très difficile et pas nécessairement conclusif.

 

Spécialiste du handicap et des familles monoparentales, Catherine Ashton a été successivement sous-Secrétaire d’Etat à l’Education chargée du soutien à la petite enfance, puis sous-Secrétaire d’Etat chargée des archives nationales et de l’Autorité de contrôle des tutelles, avant de devenir Ministre des relations avec le Parlement. En 2008, elle est alors nommée Commissaire européen au commerce, poste pour lequel son parcours antérieur la recommandait hautement. Il s’agit en effet d’un des sièges les plus importants de Bruxelles, l’Union européenne disposant d’un pouvoir complet dans ce domaine et le commerce international ayant l’importance que l’on sait. Succédant à Sir Leon Brittan, Pascal Lamy et Peter Mandelson, Catherine Ashton ne s’est pas vraiment fait un nom. En fait, le personnage qui négocie les traités commerciaux de l’Europe à l’OMC, ou plus directement avec les Etats-Unis ou la Chine, n’a de page Wikipédia française à son nom que depuis juin dernier et il se révèle difficile de trouver des photos d’elle sur internet.

 


Il est donc naturel que sa désignation comme ministre des affaires étrangères de l’Europe se soit imposée très rapidement à l’unanimité, son expérience et ses compétences ne prêtant manifestement pas à débat.

 

Que dire ? Que dire, sinon que les institutions européennes sont à bout de souffle et aboutissent à un résultat grotesque ? Que la recherche absolue du consensus à presque trente ne peut conduire qu’à désigner des personnes garantes de ce que les institutions ne prendront aucune orientation, au point de surprendre Manuel Barroso qui a pourtant donné quelques gages personnels en ce sens ? Que ces maquignonnages absurdes ridiculisent l’idée d’une démocratie au niveau européen, et par contagion l’idée de démocratie tout court ? Sans relancer un cycle de réforme constitutionnel voué à l’échec, il faut laisser respirer les institutions : le Parlement européen est le seul organe de l’Union a être issu d’élections spécifiques, occasion de parler d’Europe. Il est le seul lieu qui puisse à terme devenir le centre de gravité politique de l’Europe, où sont tranchés les choix d’orientation majeurs.





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Mercredi 18 novembre 2009



 

 

 

 

La chute du nord de Berlin a été célébrée et commentée comme il se devait. Depuis la reconstitution de certains événements jusqu'à des témoignages bouleversants, sans oublier les cérémonies officielles et les hommages rendus aux grands acteurs de la période, beaucoup a été fait pour entretenir ou réveiller la mémoire de nos peuples. Un constat cependant fait défaut, dans une conjoncture où la construction européenne est mise à mal par les soubresauts du traité de Lisbonne et l'euroscepticisme dominant de nombreux médias. Réfléchissons-y un instant. Entre le 9 novembre 1989, date de la chute du Mur, et la réunion du Conseil européen, le 30 avril 1990, il n’a fallu que cinq mois, dans ce contexte chaotique, à la Communauté européenne (appelée depuis l'Union) pour approuver et soutenir la réunification des deux Allemagnes.

 

Je n'hésite pas à affirmer que c'est un résultat remarquable et une preuve de la capacité de l'Europe à être en accord avec l'Histoire, si l'on veut bien se rappeler les commentaires parus dans la presse européenne durant l'automne 1989. Il n’y était question que des réticences affichées par certains chefs d'Etat et de gouvernement. Lors d'une réunion extraordinaire du Conseil européen à l'Élysée le 19 novembre, il a fallu toute la conviction et toute la prudence d’expression du chancelier Kohl pour éviter sinon des affrontements, tout au moins des phrases... que l'on aurait pu regretter ensuite.

 

Il est vrai que la Communauté était pleinement impliquée dans le processus du passage, plus ou moins violent, de la nuit du totalitarisme à l'apprentissage de la liberté. C'est ainsi que sur ma proposition, en tant que Préside de la Commission européenne, le G7, réunis à Paris en juillet 1989, avait confié à ladite Commission le soin de coordonner l'aide aux deux pays déjà profondément engagés dans le changement, la Pologne et la Hongrie. Mais de là à envisager, sans crainte, la réunification de l'Allemagne, principale puissance économique de l'Europe, il y avait une distance que chacun peut comprendre. Il y eut donc, dans les jours qui suivirent, des moments délicats, des questions embarrassantes, voir des confrontations, notamment lors d'une réunion de l'Alliance atlantique à Ottawa. Mais les événements allaient très vite et la RDA se délitait. Gorbatchev veillait à ce qu’il n’y ait pas de réaction policière ou armée des tenants des régimes communistes. Lui-même n'était pas dans une situation confortable, critiqué par une partie de son entourage. À tel point que lorsque la Lituanie proclama son indépendance, on pouvait craindre que l'Union soviétique ne passât à l'action militaire. Gorbatchev se contenta d'instituer un embargo l'encontre de ce pays. La paix maintenue face à de tels chocs, nous la devons beaucoup à Gorbatchev, mais aussi à Kohl, enthousiaste, et s'efforçant de maîtriser l'évolution, et au président Bush (père) qui a déployé beaucoup d'efforts tout au long de l'année 1989. Les autres Européens, bousculés par l'ampleur et la rapidité des événements, durent s'adapter, après avoir obtenu des garanties essentielles comme l'intangibilité de la frontière Oder-Neisse. Mitterrand était absolument ferme sur ce point.

 

La Commission européenne, pour sa part, était consultée par tous les protagonistes. J'avais, ce qui ne plaisait pas à tous, déclaré dès le 13 novembre à la télévision allemande, que les Allemands de l'Est avaient leur place en Europe. Je m'étais référé, pour ce faire, à une déclaration du gouvernement allemand annexée au traité de Rome de 1957. Voyant la rapidité des événements et constatant l'évolution des esprits, j'ai demandé dès janvier 1990 la convocation d'un Conseil européen extraordinaire, ce qui fut fait à Dublin le 30 avril. Les institutions européennes purent donc travailler ensemble pour assurer l'influence de l'Europe et son efficacité politique. Ce qui se poursuivit en 1990, année durant laquelle la Commission établit le programme d'aide aux régions d'Allemagne de l'Est, dans le cadre de la politique de cohésion économique et sociale qui s'appliquait toutes les régions en retard de développement ou en phase de mutation structurelle. Tous les six mois, je me rendais en Allemagne de l'Est auprès des présidents des Länder pour des séances de travail en commun. Au début, ces derniers semblaient d'abord préoccupés, en plus de leurs immenses tâches de gestion et de modernisation, par l'avenir incertain de leurs relations avec leurs voisins. Mais, la pédagogie des aides financières et nos plaidoyers aidant, ils comprirent vite tout le capital de compréhension mutuelle accumulé depuis 1950 par les Européens de l'Ouest.

 

Car la cohésion de l'Union européenne dépend largement de cette démonstration quotidienne de la valeur morale et de l'utilité de notre aventure commune. Ne l'aurait-on pas quelque peu oublié, ces dernières années ?

 


Jacques Delors, publié dans Challenges du 12 novembre 2009
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Lundi 16 novembre 2009
Nous relayons aujourd'hui une invitation du Mouvement Européen Paris Sud, pour une table ronde sur les nouveaux Etats membre dans l'UE, 20 ans après la chute du Mur. Elle se déroulera le jeudi 26 à20 h, 30 rue Cabanis dans le 14ème.

Inscription libre par: info@europe-parissud.fr



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Vendredi 13 novembre 2009

 

C’est devant le congrès de la Confédération Européenne des Syndicats à Stockholm le 12 mai 1988 que Jacques Delors Président de la Commission européenne annonce trois initiatives pour « une relance politique » de l’Europe. Parmi celles-ci une Charte sociale européenne : « Pourquoi, par exemple, comme cela a été suggéré par la Présidence Belge et prévue dans le programme social de la Confédération Européenne des Syndicats, la Communauté européenne n’adopterait-elle pas un « socle » de droits sociaux garantis qui s’inspirerait de la charte sociale européenne (celle du Conseil de l’Europe). Ce « socle » pourrait-être négocié par les partenaires sociaux et traduit ensuite en législation communautaire. Il servirait de base au dialogue social et au renforcement de la cohésion sociale européenne. Il aurait un caractère obligatoire. »

 

C’est le point de départ d’un long processus qui abouti, heureusement, dans la reconnaissance politique et juridique, de la charte des droits sociaux fondamentaux, inscrite dans le traité de Lisbonne.

 

En novembre 1988, Jacques Delors - Président de la Commission européenne -  saisi le Comité Economique et Social Européen (CESE) pour que celui élabore un avis sur les conditions qui permettraient de se doter d’une Charte des droits sociaux fondamentaux. La préparation de cet avis durera jusqu’au 22 février 1989 ou à l’issu de débats très tendus, l’avis fût adopté par une large majorité des membres su CESE par 135 voix pour et 22 contre. C’est sur la base de cet avis que la Commission européenne a proposé au Conseil européen du 9 décembre 1989 à Strasbourg - sous Présidence française – une Charte Communautaire des droits fondamentaux. Cette proposition fut adoptée par 11 chefs d’Etats ou de gouvernements sur 12 (Me Thatcher refusant d’adopter cette proposition). Mais cette adoption a été un acte politique sans conséquence d’application juridique. Elle  fut suivie par l’élaboration d’un programme d’action sociale de 47 propositions qui allait relancer la politique sociale législative. Il faudra attendre l’arrivée de Tony Blair pour que ce texte soit adopté par le Royaume Uni en 1998.

 

Que de débats, que de tergiversations, que d’actions collectives de la société civile, que de textes, que d’implications institutionnelles : Commission européenne, Parlement européen, Conseil européen, Comité Economique et Social  Européen  n’a-t-il pas fallu entreprendre pour aboutir à la réalisation de cet objectif : Doter l’Union européenne d’une Charte sociale européenne permettant une base de droits garantis pour tous, illustrant ainsi les valeurs européennes de démocratie, de liberté, de solidarité et de droits. Un plus pour que les citoyens des Etats membres de l’Union européenne les moins avancés en matière de droits puissent avoir une possibilité de se doter de ces mêmes droits existants déjà dans d’autres Etats membres. C’est une avancée significative un peu plus de 20 ans après l’annonce de cette proposition. Cette charte fait encore aujourd’hui débat, ce qui prouve bien que son contenu n’est pas neutre. Le Royaume Uni et la Pologne ont demandé et obtenu, d’être exonéré de l’application du traité de Lisbonne dans ce domaine. Et encore aujourd’hui le Président tchèque, contre son parlement qui a ratifié le traité de Lisbonne, après des tergiversations juridiques au regard de la Constitution tchèque, a sorti un dernier argument pour demander que la Tchéquie ne soit pas concernée par la mise en œuvre de la charte de droits sociaux !! Certes, le traité de Lisbonne sera maintenant ratifié…mais à quel prix !! : Les citoyens de trois Etats membres ne bénéficieront pas de l’application des droits sociaux fondamentaux…jusqu’à ce que d’autres gouvernements de Pologne, du Royaume-Uni et de Tchéquie décident de ratifié la Charte ce qui est possible à tous moments.

 

Le lundi 30 novembre 2009 se tiendra de 9h30 à 17h30 une conférence organisée, à Bruxelles, par le CESE en partenariat avec l’Association Notre Europe (1) - fondée en 1996 par Jacques Delors -  en plein débat d’actualité sur le même sujet 20 ans après le lancement du projet. Une occasion pour marquer cet important évènement en lui donnant des perspectives d’avenir concrètes maintenant qu’enfin la charte des droits sociaux fondamentaux est intégrée politiquement et juridiquement dans le traité. Beau et long parcours. A nous tous de la faire appliquer maintenant.

 

 

                                                                         Jean-Pierre Bobichon.

Ci-joint: le programme de l'évènement, ainsi que le formulaire d'inscription à renvoyer à l'adresse suivante avant le 20 novembre:

chartesociale@eesc.europa.eu

 


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Mercredi 11 novembre 2009


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A l’heure où l’approbation du Traité de Lisbonne est quasiment acquise, le processus de construction européenne pourrait être concurrencé par la formation, au sein du vieux continent, de nouveaux pôles régionaux. Face à une Union Européenne dont l’accroissement des prérogatives empiète sur la souveraineté nationale, les eurosceptiques voient dans la coopération régionale le moyen de palier le développement de l’Europe Communautaire. Ces organismes rassemblent, à défaut de l’UE, plusieurs états dont la proximité linguistique, culturelle ou historique favorise la mise en place de pareilles associations. Plongés dans une relative torpeur depuis quelques années, ces pôles régionaux occupent à nouveau le devant de la scène.


Au sud, la Yougoslavie ressuscitée


Au sud, en ex-Yougoslavie, l’amorce d’une coopération régionale avait été érigée dès 1999, où un Processus de Stabilisation et d’association (PSA) avait été instauré. Orchestré par l’Union Européenne qui souhaitait stabiliser la région, il avait pour mission de permettre aux états des balkans occidentaux de réunir rapidement les critères d’adhésion à l’UE en misant sur leur synergie. De plus, du fait d’accords bilatéraux, une zone de libre-échange avait été institué (sauf avec la Slovénie). La coopération régionale en ex-Yougoslavie n’est donc pas un phénomène récent.


En revanche, depuis 2008, sa finalité n’est plus la même. Auparavant censée permettre aux états d’ex-Yougoslavie de faciliter leur adhésion à l’UE, le dessein de la coopération inter-étatique est désormais plus centré sur la formation d’un nouvel acteur économique et politique, la "Yougosphère". La dissolution du PSA l’an dernier au profit d’un Conseil de Coopération Régional (incluant également l’Albanie, la Roumanie et la Bulgarie) incarne ce changement de mentalité, puisque la coopération régionale ne sera ainsi plus chapeautée par Bruxelles mais résultant de la volonté propre des états.


Ce conseil de coopération régionale a d’ores et déjà permis la formation d’un centre de pompiers commun à tous les pays d’Europe du Sud-Est, un projet auquel l’Europe n’a jamais réussi à aboutir, laissant à chaque état la gestion de ses propres soldats du feu. Pareille réussite incite donc les républiques d’ex-yougoslavie à intensifier la coopération, le premier ministre serbe Boris Tadic a d’ailleurs récemment souligné l’importance d’unir les entreprises d’ex-yougoslavie. Le conseil de coopération régionale exerce également des responsabilités en matière de lutte contre le crime organisé et la résorption des inégalités sociales. Et l’adhésion à l’UE apparaît presque comme secondaire...


Visegrad : l’ultime combat de Vaclav Klaus ?


Vaclav-Klaus_1213834c.jpgEn Europe Centrale, le Groupe de Visegrad réunit depuis 1991 la République Tchèque, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie au sein de cet organe de coopération régionale, qui s’offre une nouvelle jeunesse après plusieurs années de doute sur la pertinence de son existence. Sa création résultait effectivement de la volonté des pays d’Europe Centrale d’allier leurs efforts dans l’optique d’une adhésion à l’Union Européenne. Désormais, les quatre états ont tous rejoints l’UE en même temps qu’une majeure partie de l’ex-bloc soviétique en 2004, et le Groupe de Visegrad est devenu un accessoire.


Cependant, le président tchèque souverainiste Vaclav Klaus, qui se résignera très probablement à apposer sa signature au Traité de Lisbonne n’entamera pas pour autant une lune de miel avec l’UE et on peut s’attendre à ce qu’il trouve un nouveau cheval de bataille pour justifier sa lutte avec Bruxelles. Or, ce néo-libéral affirmé n’a que cesse de vanter les mérites du Groupe de Visegrad, qu’il considère comme le meilleur moyen pour faire entendre la voix des états d’Europe centrale. Fervent partisan d’une modernisation de l’organisme, Vaclav Klaus a d’ores et déjà soutenu des projets d’une chaîne de télévision Visegrad, de compétitions sportives communes ainsi que l’adoption de positions communes en matière de politique étrangère : en somme, faire de Visegrad un véritable acteur politique...et concurrent de l’Union Européenne.


Vaclav Klaus n’est d’ailleurs pas dépourvu d’alliés dans cette bataille : dans les quatres états membres du groupe de Visegrad, l’adhésion à l’UE n’a pas engendré les performances économiques espérées et l’euroscepticisme grimpe : ainsi, la Hongrie, avec seulement 39% de la population qui approuve l’appartenance à l’UE est le pays de l’Union Européenne où l’adhésion à l’Europe est la plus impopulaire. En Slovaquie, la coalition gouvernementale nationaliste-socialiste (sans mauvais jeu de mot) a, à l’instar de la République Tchèque, formulé une demande de dérogation quand à l’application de la Charte des Droits Fondamentaux, retardant à nouveau l’approbation unanime du Traité de Lisbonne.


Les pays nordiques gagnés par la nostalgie du nordisme


C’est sans doute la seule région d’Europe ou la coopération régionale est un phénomène de longue date. Les cinq pays nordiques que sont l’Islande, la Norvège, la Finlande, la Suède et le Danemark n’ont cessé à travers les siècles de développer des liens. En ce qui concerne l’Islande, la Suède, la Norvège et le Danemark, leur unité linguistique les a amené de nombreuses fois à se confondre au sein d’entités politiques : l’Union de Kalmar, préfigure d’une confédération monarchique rassemblait du XIV au XVIème siècle, l’ensemble des pays nordiques. Par la suite, le scandinavisme et le nordisme appelaient au XIXème siècle à la réunification des royaumes scandinaves et nordiques.


Nordic_Council_large.pngDans l’histoire moderne, les pays nordiques ont également été les premiers à élaborer un processus de coopération régionale : un Conseil Nordique a été mis en place dès 1952, qui, à l’image de l’UE, rassemble périodiquement les ministres de 5 pays nordiques dans le cadre de conseils des ministres particulièrement productifs : préfigurant l’Espace Schengen mais sur une plus petite échelle, l’Union Nordique des Passeports permettait dès 1958 à tous les citoyens des pays membres du Conseil Nordique de voyager librement à travers la région. Le Conseil Nordique a également initié dans certains pays comme en Allemagne, la fusion des ambassades de ses états membres au profit d’ambassades nordiques. Autre réussite, la compagnie aérienne scandinave SAS (Scandinavian Airlines System).


Aujourd’hui, à l’heure où les nordiques, dont l’euroscepticisme n’est plus à démontrer, s’apprêtent à concéder à nouveau quelque peu de leur souveraineté à l’Union Européenne, les eurosceptiques agitent la flamme de la coopération nordique. Les pays nordiques (dont deux sont restés en marge de la construction européenne) n’ont jamais acquis une véritable conscience européenne : la peur de voir leur cocon social-démocrate ébranlé. D’ailleurs, le nordisme redevient au goût du jour à l’occasion du bicentenaire de la séparation de la Suède et de la Finlande et la perspective de donner une nouvelle impulsion à la coopération nordique fait son chemin....au détriment à nouveau de l’UE ?

 

 

Alex Joubert


A retrouver dans son contexte original sur http://lenouvelhebdo.com

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Lundi 9 novembre 2009


Il y a vingt ans, le mur de Berlin tombait, entraînant dans sa chute le totalitarisme soviétique et signifiant par là même la fin du vingtième siècle.


Je me souviens, ces jours-ci, du Berlin de mon enfance. Grandir à Berlin fut une expérience particulière. Cette ville, encerclée d'une haute muraille dont les tags et graffitis ne parvenaient guère à faire oublier qu'elle faisait office, pour des millions de personnes, de mur de prison, cultivait farouchement la tolérance et l'ouverture à l'autre. Berlin était consciente d'être la dernière sentinelle du monde libre face au rideau de fer. Quelques images me reviennent à l'esprit: des dimanche en famille qui, parfois, nous amenaient à longer ce mur qui, à condition bien sûr d'être du bon côté, était devenu un lieu de promenade d'autant plus prisé des familles qu'il était loin des voitures; des "unes" de journaux terrifiantes, lorsque la police est-allemande avait abattu, d'une balle dans le dos, parfois à quelques mètres seulement de la frontière, un citoyen de RDA "coupable" d'avoir voulu fuir la dictature; le musée du fameux Checkpoint Charlie, poste-frontière allié entre l'Est et l'Ouest, retraçant les mille et une manières qui, à force d'inventivité, avaient permis à certains de passer à l'Ouest, qui en empruntant les égouts, qui en se dissimulant dans une valise ou en se glissant à l'intérieur d'un siège de voiture. Quelques issues heureuses, beaucoup de dénouements tragiques furent au rendez-vous pour ces citoyens souvent anonymes qui ont préféré risquer leur vie que de vivre soumis.

Puis, vinrent ces journées d'automne qui, en 1989, firent tout basculer et demeurent à jamais gravées dans ma mémoire. L'Histoire est connue et de nombreux documentaires, souvent de grande qualité, nous la retracent ces jours-ci. Le courage et la ferveur du peuple, de plus en plus nombreux aux veillées et aux manifestations; l'attitude de Gorbatchev qui, à Moscou, se révéla alors comme un authentique homme d'Etat; les fissures de plus en plus apparentes qui, dans tous les pays de l'est, minaient les régimes en profondeur: ces éléments finirent, sans effusion de sang, par avoir raison du régime. Celui-ci, d'ailleurs, était en fait déjà mort. Il n'était plus guère soutenu que par des bureaucrates et des apparatchiks dont la médiocrité morale n'avait d'égal que l'étroitesse de vues et d'esprit. La moitié de la vieille Europe s'était, au fil des ans, transformée en village Potemkine dont les façades ne résisteraient pas au souffle de l'Histoire.

Au lendemain du 9 novembre, Berlin fut en liesse. Les scènes de retrouvailles et de fraternité préfiguraient déjà la réunification de l'Allemagne qui, moins d'un an après, serait une réalité.


Alors tout juste âgé de douze ans, je fus profondément et durablement marqué par cette enfance berlinoise et par ces événements vécus de près, au jour le jour. Trop jeune, sans doute, pour comprendre la complexité des enjeux et l'étendue des implications de ce qui se passait sous nos yeux, mais mesurant, de manière confuse et intuitive, que rien ne serait plus comme avant.


De ces instants et de ces années, je garde le goût de l'Histoire et de la liberté.

Matthias FEKL

http://matthias-fekl.typepad.fr/

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Lundi 9 novembre 2009



C'en est fini de la candidature Blair à la présidence du Conseil européen. Attaqué par le Benelux, refusé par l'Autriche, lâché par l'Espagne, poignardé tout récemment encore par l'Allemagne, il ressemblait de moins en moins à un candidat de consensus. Nicolas Sarkozy acte son écartement en constatant que "les noms de la première vague ne sont pas forcément les vainqueurs de la dernière".  Quant au successeur possible, il est le seul à faire l'unanimité sur son nom mais selon les journaux, ce n'est pas le même. On parle désormais de Balkenende plutôt que de Juncker, trop de caractère, et pour les mêmes raisons le nouveau représentant de la Belgique serait Van Rompuy  (mais si, vous savez bien! Non?).


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Vendredi 6 novembre 2009


La Confédération européenne des syndicats (CES) attend avec impatience de l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le 1er  décembre, et en particulier des droits garantis dans le cadre de la Charte des droits fondamentaux, qui fait à présent partie du Traité. Cette avancée est un encouragement aux efforts que nous déployons en permanence afin de garantir une interprétation correcte des dispositions du Traité concernant le marché intérieur et contre les jugements déséquilibrés de la Cour de Justice européenne dans les cas Laval, Viking, Rüffert et Luxembourg. 

 

 

Les nouvelles dispositions du Traité doivent à présent également être appliquées au renforcement de la dimension sociale de l’Europe dans le nouveau cadre d’une économie sociale de marché, qui remplace l’économie ouverte du Traité de Nice. Nous demandons avec insistance que cette nouvelle perspective se traduise en actions concrètes afin de lutter contre la crise et le chômage. La CES en particulier fera campagne en faveur de mesures fermes destinées à combattre le chômage des jeunes qui atteint des niveaux catastrophiques dans de nombreux pays, et pour la défense de nos services publics qui ne doivent pas subir les conséquences des erreurs des financiers.

 


La CES intensifiera sa campagne, qui vise à garantir la pleine application des droits fondamentaux. John Monks, Secrétaire général de la CES, a déclaré: « Maintenant que le processus de ratification est enfin terminé, nous devons agir et ouvrir de nouvelles portes aux droits sociaux.  La CES condamne une fois de plus les réserves britanniques, polonaises et tchèques à l’égard de la Charte et elle continuera d’agir afin de s’assurer que tous les travailleurs européens sont traités de manière équitable et égale.
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